L'inflation : définition, causes et mesure
L'inflation est la hausse générale et durable des prix : avec la même somme, on achète moins de biens et de services qu'avant. Son contraire, la baisse générale des prix, s'appelle la déflation ; un ralentissement de l'inflation (les prix montent moins vite) s'appelle la désinflation.
Comment mesure-t-on l'inflation ?
On observe l'évolution du prix d'un panier représentatif de biens et de services consommés par les ménages : alimentation, logement, énergie, transports, santé, loisirs. Chaque poste est pondéré selon son poids dans le budget moyen. La variation de la valeur de ce panier, le plus souvent comparée au même mois un an plus tôt, donne le taux d'inflation annuel.
- IPC (indice des prix à la consommation) : l'indicateur national. En France, il est calculé par l'Insee ; aux États-Unis, par le Bureau of Labor Statistics (CPI).
- IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé) : version dont la méthode est commune aux pays européens, ce qui permet de comparer l'inflation entre pays. Eurostat l'utilise pour la zone euro.
- Inflation sous-jacente : l'inflation hors éléments très volatils, en général l'énergie et l'alimentation. Elle aide à voir la tendance de fond.
Quelles sont les causes de l'inflation ?
- Inflation par la demande : la demande de biens et de services dépasse ce que l'économie peut produire, et les prix montent.
- Inflation par les coûts : les entreprises répercutent la hausse de leurs coûts (énergie, matières premières, salaires) dans leurs prix.
- Inflation importée : la monnaie se déprécie, ce qui renchérit les produits achetés à l'étranger.
- Anticipations : si chacun s'attend à des prix en hausse, les salaires et les prix sont relevés d'avance et l'inflation s'auto-entretient.
- Politique monétaire : une création monétaire et un crédit abondants à bas taux peuvent alimenter la demande.
Pourquoi les banques centrales visent-elles 2 % ?
La Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine visent une inflation d'environ 2 % par an à moyen terme. Une inflation nulle ou négative fait peser un risque de déflation, qui pousse les agents à reporter leurs achats et pèse sur l'activité. Une inflation trop élevée ronge le pouvoir d'achat et l'épargne. Pour agir sur l'inflation, la banque centrale dispose surtout de ses taux directeurs.
Les effets de l'inflation sur les marchés
- Sur les taux d'intérêt : une inflation plus forte qu'attendu fait anticiper des taux directeurs plus élevés, ce qui fait monter les rendements obligataires.
- Sur les actions : des taux plus élevés réduisent la valeur actuelle des bénéfices futurs, ce qui pèse en particulier sur les valeurs de croissance. À l'inverse, les entreprises capables de relever leurs prix protègent mieux leurs marges.
- Sur l'épargne : un placement qui rapporte moins que l'inflation perd du pouvoir d'achat, même si son capital nominal est préservé. On compare donc le rendement réel (rendement moins inflation) plutôt que le rendement affiché.
Où suivre l'inflation
Les chiffres sont publiés chaque mois : estimation provisoire puis chiffre définitif en France, estimation « flash » pour la zone euro, publication mensuelle aux États-Unis. Les publications figurent parmi les indicateurs économiques les plus surveillés, car elles influencent directement les décisions des banques centrales.
Contenu pédagogique, fourni à titre informatif : il ne constitue pas un conseil en investissement.
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